Dans le cadre des travaux que je conduis sur la filière Bois, tant en ma qualité de Députée de l’Ardèche que de Conseillère régionale Rhône-Alpes, j’ai convié Monsieur Jean-Yves BECHLER, Commissaire de Massif DATAR Massif Central à venir sur notre territoire pour échanger avec les acteurs et professionnels de la filière.
Une journée qui a eu lieu ce Vendredi 4 avril à Pont de Labeaume en présence de Mme Monique LETOCART Sous-préfète de l’Ardèche, Mrs Jean Paul MANIFACIER et Laurent UGHETTO respectivement Vice-présidents du Conseil général de l’Ardèche en charge de la Forêt puis de l’Economie et de l’Emploi, Mr Alain FEOUGIER Président de l’association des Communes Forestières de l’Ardèche ainsi que Mr Yves VEYRENC Maire de Pont de Labeaume. Mme Clara Gibert représentait FIBOIS Ardèche Drôme.
Au regard de la richesse de notre territoire, la filière bois représente un enjeu important qu’il convient d’exploiter davantage et parfois autrement.
J’ai souhaité, dans un premier temps, consacrer un large temps d’échange avec les acteurs du groupe projet Filière Bois Massif Central dont la mission de coordination est assurée par le Conseil Général de l’Ardèche.
En effet, l’interprofession Fibois 26 – 07, le Conseil général de l’Ardèche et les différents partenaires de la filière ont profité de l’ambition de développement de la filière bois à l’échelle du massif central conduit par la DATAR, pour s’impliquer sur un projet interrégional qui vise à créer et/ou structurer des démarches collectives pour le développement et une meilleure valorisation des produits.
La déclinaison ardéchoise de ce projet va se concentrer sur les produits d’« Aménagements extérieurs » en s’appuyant sur les qualités de nos essences locales (châtaignier, douglas, pin maritime).
L’objectif commun des partenaires est de faire émerger des dynamiques collectives et d’apporter des réponses techniques (produits) et organisationnelles (consortium, répartition de la valeur ajoutée) aux marchés locaux, régionaux (voire nationaux).
Un projet qui s’intègre pleinement dans la stratégie initiée par les différents acteurs de la filière dont l’ambition est d’améliorer la valorisation de nos essences locales par le développement de produits à plus forte valeur ajoutée, ce qui devrait assurer une meilleure rentabilité et donc pérennité des entreprises du territoire. Pour l’heure, il fait l’objet d’une demande de financement auprès de la DATAR Massif central. D’où l’importance, à l’occasion de la venue du commissaire de massif de pouvoir lui présenter en présence des acteurs locaux la teneur du volet ardéchois du projet.
J’ai ensuite souhaité que la problématique du foncier puisse être abordée.
Dans ce cadre, nous avons assisté à la présentation du projet foncier forestier de l’association des Communes Forestières de l’Ardèche qui en partenariat avec la SAFER Rhône-Alpes et le PNR des Monts d’Ardèche, démarre un travail de mobilisation des communes pour améliorer la gestion forestière du département. Un projet qui s’inscrit dans la stratégie des acteurs du Massif Central autour du développement de la filière Bois au travers le volet de la gestion et rationalisation des espaces et qui demeure un enjeu majeur pour l’avenir.
Enfin, cette journée s’est conclue par une visite de la Scierie BEAUME à Pont de Labeaume. L’occasion d’évoquer avec Patrick DESORMEAUX, dirigeant de cette entreprise, la thématique sous l’angle entrepreneurial au travers d’échanges croisés avec l’ensemble des acteurs de la filière.
Autant d’enjeux pris en compte par le gouvernement dans le Comité stratégique de filière bois (CSF bois) dont la création traduit l’une des mesures phare du Plan national d’action pour l’avenir des industries de transformation du bois (PNA) annoncé en octobre dernier, devant le Conseil supérieur de la forêt et du bois par les deux ministres Stéphane LE FOLL et Arnaud MONTEBOURG .
Largement orienté vers la promotion du bois dans la construction, ce plan est également porté par le ministère en charge du logement. Comme tous les autres comités stratégiques de filière, le CSF bois réunit des représentants du secteur : entreprises ou fédérations industrielles, organisations syndicales et représentants des administrations en lien avec la filière, sous le pilotage d’un industriel, vice-président du comité. Du dialogue entre ces différents acteurs, naîtra à l’été 2014 un contrat de filière, dont l’objectif est de proposer des mesures qui contribueront au développement industriel de la filière bois.
Ces mesures devront notamment permettre de promouvoir l’utilisation du bois dans la construction par la caractérisation des bois français, de lever les obstacles réglementaires à l’utilisation du bois ou de développer des stratégies de valorisation s’appuyant sur l’architecture d’intérieur et le design. Le contrat de filière formalisera également des engagements réciproques entre l’Etat et les professionnels.
Avec la création du CSF bois, c’est la première fois que l’ensemble de la filière forêt-bois, qui génère un chiffre d’affaires de l’ordre de 50 Md€ et représente plus de 450 000 emplois directs et indirects, est reconnue à l’égal des autres filières industrielles stratégiques (automobile, aéronautique, …). Face aux enjeux de la transition énergétique et écologique, elle constitue une filière d’avenir innovante, dont les perspectives de croissance sont fortes et seront à l’origine de créations d’emplois et de richesse.
Parallèlement, le gouvernement a mis en place le plan « Industries du bois », l’un des 34 plans de la Nouvelle France Industrielle, lancé en septembre dernier par le Président de la République. Ce plan vise à promouvoir l’utilisation du bois dans la construction d’immeubles en bois et dans l’aménagement intérieur. Les travaux du CSF bois, comme ceux de l’équipe projet du plan « Industries du bois » s’inscrivent dans le cadre plus global du programme national de la forêt et du bois élaboré par le Conseil Supérieur de la Forêt et du Bois et prévu par la Loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, actuellement examinée par le Sénat. Ils contribueront tous deux au redressement productif de la France et au dynamisme de nos territoires ruraux.
Je remercie donc toutes les personnes qui ont répondues favorablement à mon invitation et qui se sont jointes à moi à l’occasion de cette journée de réflexion et de terrain.