C’est le 7 février dernier que le projet de loi relatif à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale a été adopté à l’Assemblée Nationale. Un texte important pour notre économie tant son ambition est grande : moderniser les bases de notre système de formation, établi en 1971.
Plusieurs constats sont à l’origine de cette réforme. En effet, la formation continue n’est aujourd’hui pas assez qualifiante et les offres ne correspondent pas aux besoins des territoires en matière d’emploi. Elle est principalement destinée aux actifs, dont 56,5% de cadres, alors que le taux de formation des chômeurs reste très bas (20,3%). Le système de formation reste extrêmement complexe. Par conséquent, la gouvernance doit pouvoir se clarifier et le processus de décentralisation aller à son terme.
Ainsi, ce projet de loi, organisé autour de trois parties (formation professionnelle, apprentissage et emploi ; démocratie sociale ; réforme de l’inspection du travail), a pour objectifs principaux de :
- Sécuriser les parcours professionnels, sans laisser les demandeurs d’emploi de côté ;
- Refondre le système de collecte et de mobilisation des fonds des entreprises pour la formation professionnelle continue ;
- Atteindre le nombre 500 000 apprentis par an d’ici à 2017 ;
- Limiter le nombre de ruptures de contrats par la création de CDI en apprentissage ;
- Décentraliser la gouvernance de la formation professionnelle au niveau des régions, en vue d’adapter les formations à chaque territoire ;
- Garantir la transparence de notre démocratie sociale et réformer le système de représentativité patronale ;
- Organiser le financement des organisations syndicales et patronales à partir d’un fonds abondé à la fois par les entreprises et l’État ;
- Obliger les comités d’entreprises à mettre en place une commission des marchés publics chargée de choisir fournisseurs et prestataires ;
- Réformer l’inspection du travail pour unifier les statuts des agents, leur conférer des pouvoirs plus importants, et coordonner les actions sur l’ensemble du territoire.
Si cette réforme est essentielle pour l’emploi dans notre pays, elle doit impérativement être accompagnée d’initiatives locales innovantes. Et en la matière, l’Ardèche méridionale n’est pas en reste. Le 31 janvier dernier, à Lussas, j’ai eu le plaisir d’ouvrir la Conférence locale emploi, économie, formation. Une initiative parmi tant d’autres qui prouve que notre territoire, loin de se résigner, est engagé plus que jamais dans une dynamique de changement !