Catastrophe de Tchernobyl : devoir de mémoire, devoir de vigilance

Nous commémorons ce samedi 26 avril 2014 le triste anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, survenue le 26 avril 1986. Il y a 28 ans, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire ukrainienne explosait, provoquant la mort immédiate de 30 personnes, puis celle de 4000 liquidateurs qui succombaient aux radiations. Jusqu’à aujourd’hui, au moins 100 000 décès sont imputables à la contamination radioactive, et plus de 100 000 personnes vivent encore dans les zones contaminées.

Pour l’élue que je suis, la commémoration de cette catastrophe interpelle à double titre. Les souvenirs de la tragédie et le devoir de mémoire associé rappellent la nécessité de maintenir une attention totale sur le thème de la sûreté nucléaire. S’il y a une chose que nous enseigne la récente tragédie de Fukushima il y a trois ans, c’est bien celle-ci : ces catastrophes n’appartiennent pas au passé, car le risque zéro n’existe pas. La gravité des potentielles conséquences humaines, sanitaires et environnementales, exige une vigilance sans faille.

C’est pourquoi, en tant que Vice-présidente de la Commission d’enquête relative aux coûts passés, présents et futurs de la filière nucléaire, je suis particulièrement sensible à la thématique de la sûreté nucléaire. Ainsi, dans le cadre de cette même Commission, qui rendra publiques ses conclusions le 10 juin, je me rendrai le 5 mai prochain à la centrale nucléaire de Fessenheim, dont la fermeture annoncée est l’un des engagements pris par le Président de la République.

Cette promesse doit être tenue. Il faut à mon sens être capable de voir plus loin que les intérêts économiques immédiats, de dépasser le clivage stérile entre pro et anti-nucléaire, pour mettre au-dessus de tout la sûreté des populations, présentes et futures, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Cela s’applique notamment à la thématique de l’allongement de la durée de vie des centrales, ou celle de la diversification de notre mix énergétique par une réduction de la part du nucléaire et une montée en puissance des énergies renouvelables.

Je terminerai par cette phrase de Paul Valéry : « Nous autres, civilisations, savons maintenant que nous sommes mortelles ». A l’heure de la commémoration de la catastrophe de Tchernobyl, et alors que la France fait face à des choix stratégiques majeurs, c’est une pensée qu’il reste bon de méditer.

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