« Ni Godillots ni déloyaux » : pourquoi j’ai signé cette tribune ?
Avec 200 autres député(e)s membres de la majorité de gauche, j’ai signé une tribune dans l’édition du journal Le Monde datée du 29 août 2014. Une tribune que vous pouvez lire ici : http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/08/28/l-appel-des-200-deputes-socialistes-ni-godillots-ni-deloyaux_4477879_3232.html Je vous dois ces explications.
Depuis que j’ai été élue députée en 2012, je signe rarement des tribunes, des appels ou des déclarations. Dans le tourbillon des informations déversées chaque jour dans les médias et sur internet, ma conviction est que la parole politique ne doit pas être réduite à du bavardage entre politiques. Nos concitoyens, nos électeurs attendent, à juste titre, des actes et des résultats. Je n’ai pas l’habitude de communiquer à tort et à travers, préférant consacrer mes forces à travailler à l’Assemblée nationale et dans ma circonscription, l’Ardèche. Un territoire dans lequel je suis née, dans lequel j’ai grandi, travaillé comme professeure de Lycée et où vit toute ma famille. Un territoire rural que j’aime profondément pour sa culture, son histoire, ses habitants, sa nature merveilleuse. Un territoire dans lequel je vis, pour lequel je me bats chaque jour et dont je suis immensément fière.
J’ai signé une tribune intitulée « Ni godillots, ni déloyaux » parue dans un quotidien national. Après mûre réflexion. Après avoir consulté mes proches. Je l’ai signée pour que, justement, cessent les polémiques en place publique, ces polémiques qui lassent les militants et tous les français. Alors que notre pays traverse une crise économique éprouvante, j’estime qu’aucun responsable ne doit y ajouter une crise politique. Ni frondeuse, ni flatteuse : lorsque je ne suis pas d’accord, je le dis directement à la personne concernée, qu’il soit ministre ou premier ministre. Je n’appelle pas un journaliste pour le faire.
J’ai signé cette tribune car le devoir du Président de la République n’est pas de rechercher sans cesse des compromis dans sa majorité, de faire plaisir à tel ou tel, mais d’œuvrer pour l’intérêt général. Le devoir du Président de la République est de rendre à la France son indépendance vis-à-vis des marchés en allégeant sa dette dont nos enfants hériteront. Le devoir du Président de la République est de combattre le chômage en aidant nos entreprises et principalement nos entreprises locales qui créent des emplois non délocalisables, au plus près des besoins de nos concitoyens. Le devoir du Président de la République est de simplifier un droit que nul n’est censé ignorer mais que tous ne peuvent plus comprendre tant il est devenu pléthorique.
Militante socialiste de terrain depuis de nombreuses années, je n’ai pas de leçons de gauche à recevoir. Oui, je soutiens le Gouvernement de Manuel Valls mais non, trois fois non : ce soutien n’est certainement pas un chèque en blanc.
En tant qu’élue de la nation, je lui demande notamment de faire beaucoup plus pour les territoires ruraux, pour nos agriculteurs, nos éleveurs, nos artisans, nos commerçants, nos professionnels du tourisme, nos travailleurs pauvres, nos familles en situation de précarité, nos jeunes qui ne trouvent pas d’emploi, nos ainés qui aident tant leurs enfants et petits-enfants. Et tant d’autres que la crise frappe d’autant plus durement qu’ils habitent un territoire trop souvent oublié des politiques publiques. Je lui demande de faire beaucoup plus pour nos entreprises locales, pour nos services publics, pour nos transports en commun. Je lui demande de faire beaucoup plus pour la justice fiscale et sociale, pour notre sécurité, pour le droit au logement, pour le droit de se chauffer sans se ruiner, pour le droit à vivre dans un environnement sain, pour le droit à la culture.
Y compris dans nos campagnes !
Permettez-moi enfin, de rendre ici hommage à tous mes collègues élu(e)s locaux qui se battent chaque jour et sans compter, au prix de lourds sacrifices personnels. Sans eux, notre société irait bien plus mal. Permettez-moi de vous dire que je suis fatiguée de voir quelques stars faire du « buzz » au risque de faire du tort à ces milliers d’élu(e)s dévoué(e)s.
Jusqu’au terme de mon mandat, je continuerai sur cette ligne d’exigence et de vérité qui est aussi celle de la République que mes parents m’ont appris à respecter.
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Avec mes sentiments républicains,
Sabine Buis