En tant que Présidente du Groupe d’études sur la châtaigneraie à l’Assemblée Nationale, j’ai souhaité réunir, ce mardi 27 mai, les représentants du Syndicat National des Producteurs de Châtaignes, et Christine AVELIN, Conseillère technique du Ministre de l’Agriculture, en charge des filières végétales. L’occasion de revenir sur les principaux enjeux de la filière castanéicole et de poursuivre le travail engagé depuis plusieurs mois.
Cette filière compte près de 1000 emplois en Ardèche, répartis entre la production, la mise en marché et la transformation. Il s’agit du premier département français producteur de châtaignes, avec un potentiel de production de 5000 tonnes, soit environ 50% de la production nationale. Cependant, la châtaigneraie ardéchoise est confrontée à des difficultés. Il manque actuellement 2000 tonnes de châtaignes par an pour satisfaire la demande des transformateurs locaux. Le verger est ancien et a fortement besoin d’être renouvelé. Surtout, il est primordial de trouver rapidement des solutions aux problèmes sanitaires, tels que les insectes ravageurs et les maladies.
Ce travail de protection, de préservation et de reconquête de la châtaigneraie, je le mène avec passion. D’abord au niveau local et régional, en tant que Conseillère régionale et Vice-présidente du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche. Mais également au niveau national, en tant que Députée et Présidente du Groupe d’études sur la châtaigneraie. Depuis plusieurs années, je suis engagée aux côtés des représentants du Syndicat National des Producteurs de Châtaignes et de son Président, Daniel VERNOL. Nous nous sommes rencontrés à de nombreuses reprises dans le cadre de réunions de travail, en Ardèche, à ma permanence parlementaire ou dans les locaux de l’entreprise Sabaton, avec Stéphane LE FOLL, Ministre de l’Agriculture, mais aussi à Paris, à l’Assemblée Nationale, avec d’autres députés, au Ministère de l’Agriculture, avec des conseillers du Ministre, ou encore à l’Elysée, avec des conseillers du Président de la République.
Ces multiples rendez-vous nous ont permis d’avoir un réel suivi des dossiers portés par le Syndicat National. Et si certains n’ont pu aboutir, force est de constater qu’aujourd’hui, notre travail porte ses fruits. Une réunion nationale sur la châtaigne se tiendra le 12 juin prochain, à Montreuil-sous-Bois, dans les locaux de FranceAgriMer. Elle devrait, je le souhaite, déboucher sur des actions concrètes de soutien à la filière avec des possibilités d’obtention de nouveaux financements, essentiels pour nos agriculteurs. J’ai également proposé l’organisation d’une réception à l’Elysée, à l’automne, pour mettre à l’honneur la châtaigne et ses différents produits dérivés, qui font la renommée de notre territoire.
Malgré ces avancées, nous devons rester mobilisés, notamment au sujet du cynips du châtaignier, une maladie qui a déjà causé d’importants dégâts en ravageant une partie de la production française et européenne. Jusqu’à présent classé parmi les organismes nuisibles, les castanéiculteurs avaient droit à des indemnités compensatoires, vitales pour la poursuite de leur activité agricole. Cependant, son déclassement a récemment été décidé par l’Union Européenne, laissant présager une situation très difficile pour nos producteurs. Si la déception fût grande à l’annonce de ce verdict, nous sommes déterminés à ne rien lâcher et à nous battre pour que le cynips soit de nouveau considéré, à l’échelle européenne, comme un organisme nuisible. C’est pourquoi, j’interpellerai directement, avec l’appui du Ministère de l’Agriculture, les instances européennes afin de les sensibiliser aux enjeux de la filière castanéicole et aux risques qu’elle encoure, pour les convaincre de revenir sur leur décision, lourde de conséquences pour nos agriculteurs. Car c’est désormais au niveau européen que nous devons porter nos attentes et nos revendications pour préserver et développer cette filière, si importante pour notre territoire.