Il n’ y a eu qu’un vainqueur le 10 mai 1981, c’est l’espoir.
Puisse-t-il devenir la chose de France la mieux partagée !
François MITTERRAND
Discours d’investiture, 20 mai 1981
Le 10 mai 1981, François Mitterrand était élu à la Présidence de la République française, devenant ainsi le premier Président socialiste de la Vème République. Une date à la symbolique immense dans l’imaginaire politique de la gauche, une référence pour tous ceux qui pensaient, et qui pensent toujours, qu’une autre voie politique est possible. L’arrivée de la gauche au pouvoir concrétisait certaines des aspirations profondes de la société, incarnait un nouvel espoir, et avait été accueillie dans la liesse un peu partout dans le pays.
Le trente-troisième anniversaire de cet événement est pour moi, au-delà du symbole et du moment de commémoration, l’occasion d’une réflexion sur ce qu’est le socialisme aujourd’hui. Il faut, à mon sens, cesser d’invoquer le socialisme de Mitterrand comme un référentiel indépassable, et cesser de comparer François Hollande à son illustre prédécesseur, si l’on veut penser le socialisme d’aujourd’hui.
Etre socialiste aujourd’hui, ce n’est pas appliquer les recettes des années 1980 à une situation économique et sociale qui a subi des modifications profondes. Bien au contraire. Etre socialiste aujourd’hui, c’est être capable d’évoluer, c’est-à-dire savoir s’adapter. Etre socialiste, c’est incarner l’espoir et faire la preuve qu’il est toujours possible de faire de la politique autrement.
Pour cela, il faut prendre la mesure des évolutions majeures qui se sont produites durant les 30 dernières années. En premier lieu, la poursuite du processus de mondialisation, qui renforce toujours plus les interdépendances économiques et culturelles, et rend toujours plus forte la complexité du monde. Ensuite, l’approfondissement de la construction européenne, avec des prérogatives accrues accordée à l’Union, et un déplacement des sphères de décision vers l’échelon supranational. La situation à laquelle nous faisons face est donc plus délicate, et exige de nous de trouver des solutions nouvelles, audacieuses.
C’est le sens que doivent prendre des réformes ambitieuses telles la réduction des déficits pour retrouver des marges de manœuvre, la réorganisation territoriale, ou encore la transition énergétique pour entrer dans le monde de demain. Elles doivent non seulement permettre de garantir les acquis sociaux et de maintenir notre modèle social, mais doivent aussi être des leviers pour aller de l’avant. Il faut donc être capable d’évoluer sans se renier, d’aller vers le progrès, tout en gardant la force tranquille.