Ce jeudi 1er mai, nous célébrons la fête du travail. Une journée symbolique de célébration des combats des travailleurs à laquelle je tiens tout particulièrement. En ce jour, Jaurès aurait pu nous dire à nouveau combien la liberté du travail est un droit fondamental de l’homme. Il aurait pu nous rappeler que cette liberté dépasse le simple cadre juridique et législatif. Il aurait pu réaffirmer le caractère indispensable de cette liberté, financièrement d’abord, mais aussi et surtout socialement.
Pour certains, cette liberté représente malheureusement une vie à souffrir, à s’aliéner et à s’enchainer à des logiques économiques qu’ils n’ont pas choisies. Pour d’autres, elle est le moyen de se réaliser, de se dépasser pour produire ce qu’il y a de meilleur en l’homme : la création et l’innovation, qu’elle soit scientifique, artistique ou encore sociale. Pour tous, le travail est cette instance de socialisation fondamentale. Il est le lieu dans lequel se tissent les liens du collectif et dans lequel se structure l’individu.
Il est également cet outil commun qui permet à tous les hommes et à toutes les femmes d’appartenir à la société et d’en être acteurs. Cet outil qui ouvre à la reconnaissance sociale mais aussi, et surtout, à l’estime de soi. Cet outil qui démontre l’invraisemblance des discours qui font de la France une société d’assistés. Les profiteurs y seraient rois, les travailleurs leurs valets. Il n’en est rien et le modèle français a simplement su comprendre que le travail ne peut nier les limites de l’homme dans sa capacité à produire.
Ce modèle hérité de Colbert, de Blum, du Conseil National de la Résistance, de De Gaulle, tant critiqué par nos voisins, a pourtant su faire du travailleur français un des plus productifs au monde, puisqu’il dépasse la moyenne européenne, le travailleur allemand ou encore le travailleur nord-Américain.
Aujourd’hui toutefois, ce pilier de notre modèle français est en crise, et la société avec lui. En témoignent les taux de chômage, la gronde sociale et la montée de discours populistes inquiétants, qui utilisent la haine et la stigmatisation. La crise financière, la crise économique, et la crise de confiance qui a suivi, ont sacrifié l’emploi sur l’autel des dérives du libéralisme dérégulé. Nombreux sont alors ceux qui appellent notre beau pays à imiter son voisin allemand dont les résultats seraient admirables. Ces prescripteurs ignoreraient-ils la précarité grandissante de l’emploi outre-Rhin ou encore les lacunes de son modèle social ?
En ce 1er mai, nous devons montrer qu’il existe d’autres solutions. Nous devons réaffirmer notre refus de cautionner le salariat précaire ou encore la mort des acquis sociaux auxquels Jaurès rêvait. Mardi à l’Assemblée Nationale, en adoptant le programme de stabilité du gouvernement de Manuel Valls, nous avons voulu redonner à la France sa souveraineté en faisant le choix de la responsabilité dans la conduite de l’action publique. C’est un programme qui n’oublie pas Blum et son impératif de protéger les salariés dont les revenus sont les plus bas. C’est ce programme qui nous permettra de maintenir et de relancer le modèle social français.