Vendredi 18 avril, j’exprimai sur mon blog, par mon billet « 50 milliards d’économies : le chemin du redressement doit passer par l’équité », mes points de satisfaction ainsi que mes points de vigilance vis-à-vis du discours de politique générale énoncé par Manuel VALLS au Parlement le 15 avril.
Aujourd’hui, mardi 29 avril, alors que le programme de stabilité et de la trajectoire des finances publiques est soumis à l’Assemblée nationale, et que des avancées notables ont été obtenues depuis sur ce qui constituait mes points de vigilance, je tiens à expliquer les motivations de mon vote.
Je salue avant tout la démarche du Premier ministre, qui conformément aux engagements pris dès son discours de politique générale, respecte le Parlement, l’écoute et l’associe à son projet pour la France.
La semaine passée déjà, et ces derniers jours encore, Manuel VALLS a rencontré les représentants de groupe de la majorité pour un échange direct et constructif. Il a également consacré du temps aux parlementaires qui souhaitaient être entendus. Par cette approche positive, des avancées ont pu êtres réalisées, et des garanties fortes ont été obtenues.
Parmi elles, j’avais exprimé mes inquiétudes concernant les petites retraites, et je suis satisfaite de voir que nous avons été entendus sur ce point. En effet, le gouvernement a décidé d’épargner les petites pensions de retraite jusqu’à 1200 euros, 6,5 millions de personnes verront leur pouvoir d’achat intégralement préservé. Cela constitue une véritable mesure de justice sociale.
De même, concernant les rémunérations et la stabilisation annoncée du point d’indice des fonctionnaires, j’avais avancé que cette mesure ne devrait pas s’appliquer à tous, notamment les catégories B ou C. Or le Gouvernement a prévu une « clause de revoyure » afin d’exclure les fonctionnaires les plus modestes du dispositif, ce que je salue. Cela représente en moyenne 440 euros de salaire net supplémentaires dès l’an prochain pour 1,6 millions d’agents.
Le Premier ministre est également revenu sur le gel de la revalorisation du RSA, qui sera donc bien revalorisé, comme prévu par le plan pauvreté de 2013. Ainsi le RSA sera augmenté de 10% en 5 ans, et la prochaine étape de cette hausse interviendra le 1er septembre 2014.
Comme annoncé dans le discours de politique générale, une mesure fiscale de soutien au pouvoir d’achat des ménages modestes sera prise pour application effective dès cette année, nous en élaborerons ensemble les modalités dans les prochains jours pour la loi de finances rectificative.
Concernant la réorganisation territoriale, j’avais exprimé ma vigilance vis-à-vis des espaces ruraux, et Manuel VALLS a réaffirmé auprès des Parlementaires que la suppression du « mille-feuilles » administratif ne se fera pas au détriment des territoires les plus vulnérables. La réforme de l’Etat doit permettre de renforcer sa présence là où elle est le plus nécessaire, notamment dans les territoires ruraux, où les services de l’Etat resteront les garants de la cohésion sociale.
Autant de mesures qui vont dans un sens souhaitable : une répartition juste des efforts dans une période de crise, donnant sens à un redressement par l’équité, qui épargne les catégories de population qui ont déjà fourni suffisamment d’efforts, voire de sacrifices.
Des avancées sur la forme, telles qu’elles avaient été annoncées, ont permis d’obtenir de réelles avancées sur le fond. En une quinzaine de jours, du discours de politique générale au vote du pacte de stabilité, nous avons eu la démonstration que le dialogue entre le Gouvernement et le Parlement fonctionne. Le Premier ministre a été fidèle à ses engagements comme en témoigne encore sa présence en réunion de groupe ce matin, et son discours franc, sincère, extrêmement convainquant.