
Ce mercredi 19 mars 2014, nous nous sommes réunis à Saint-Etienne-de-Fontbellon pour nous souvenir, pour ne jamais oublier ce qu’il s’est passé, 52 ans auparavant.
Pour la seconde année consécutive, nous commémorons une date importante de notre Histoire. C’est le 19 mars 1962 que fut adopté le cessez-le-feu de l’un des conflits les plus douloureux de l’histoire de notre pays : les « événements d’Algérie », comme on le disait à l’époque. Et pourtant, une guerre d’une violence extrême qui fît des centaines de milliers de morts. C’est beaucoup pour de simples « événements ».
Ce jour-là, si de jeunes Français évitèrent la mobilisation, d’autres commencèrent à entrevoir un retour, tant espéré, aux côtés de leurs proches. Mais ce jour de soulagement pour beaucoup, de tristesse pour d’autres, ne signa pas la fin des drames et des horreurs. Je pense à toutes ces femmes, à tous ces hommes, à tous ces enfants dont le destin fût bouleversé à jamais après cette date.
Aujourd’hui, nous rendons hommage à toutes les victimes. A ces jeunes engagés ou appelés, projetés brutalement dans la guerre. Beaucoup y perdirent la vie. Les autres en revinrent profondément marqués, dans leur chair, et plus encore dans leur esprit. Nous rendons également hommage aux victimes civiles, particulièrement nombreuses durant ce conflit.
La guerre d’Algérie a profondément divisé les opinions, déchiré les familles. Tous, qu’ils soient soldats de métier ou du contingent, harkis ou pieds-noirs, tous ont conservé de ce terrible conflit non seulement une peine et une douleur réelles.
Plus de 50 ans après la fin de cette guerre, c’est désormais une mémoire apaisée qui doit être recherchée. Respect, solidarité, rassemblement : tels doivent être nos maîtres-mots. La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui s’inscrit dans cette perspective. Elle permet d’avancer dans le travail de mémoire. Elle encourage la transmission à l’égard des jeunes, qui seront demain les porteurs de notre mémoire réconciliée.