Les forêts communales : un bien commun à préserver

Quand on sait que l’Ardèche compte pas moins de 121 forêts, soit plus de 16.000 hectares, on comprend toute l’importance des politiques forestières pour notre territoire. C’est pourquoi, le 17 janvier dernier, je me suis rendue sur les forêts de Banne et de Saint-Paul-le-Jeune, aux côtés de Paul CLAUSS, Directeur de l’ONF Drôme Ardèche, d’Alain FEOUGIER, Président de l’Association des communes forestières, et de Monique LETOCART, Sous-préfète de l’Ardèche.

Ces deux forêts communales, d’une superficie de 340 hectares, regroupent essentiellement des pins maritimes et des pins de Salzmann. Constituant un site naturel caractérisé par la rareté et la fragilité de leurs espèces, les forêts de Banne et de Saint-Paul-le-Jeune ont été désignées comme Zone Natura 2000. Dans ce cadre, et en concertation étroite avec l’ONF, elles ont pu ériger au rang de priorité la préservation et la conservation du pin de Salzmann. En effet, rare et menacé, cet arbre est typiquement cévenol et constitue, en cela, une véritable richesse patrimoniale que nous devons protéger.

Si l’enjeu qui entoure le pin de Salzmann est principalement celui de la préservation du patrimoine, celui du pin maritime concerne davantage la production de bois. Trop souvent sous-considéré, son potentiel n’est toutefois pas négligeable et il est important de le revaloriser. Alors qu’il est présent en abondance sur notre territoire, le bois est pourtant transporté dans d’autres régions pour être transformé, faute de scieries suffisantes, avant d’effectuer de nouveaux trajets de plusieurs milliers de kilomètres pour sa commercialisation. Ce sont alors des dizaines d’emplois qui pourraient être créés en Sud Ardèche, mais qui jusqu’à présent nous échappent.

Face à de tels enjeux, le rôle de l’ONF Drôme Ardèche (qui gère quelques 123.000 hectares de forêts publiques) est crucial dans la mise en œuvre du régime forestier et dans la préservation des espaces naturels. Surveiller le domaine et l’application de la réglementation, instruire les affaires foncières, rédiger les plans de gestion, élaborer les programmes annuels des coupes et des travaux, ou encore apporter un conseil technique aux collectivités propriétaires de forêt : les missions de l’ONF sont variées.

Si l’action des acteurs locaux est centrale, il ne faut pas oublier que bon nombre de politiques publiques se jouent au niveau national. Justement, l’Assemblée Nationale vient d’adopter la loi d’Avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, qui permettra d’accompagner une gestion plus durable de la forêt, en même temps qu’une meilleure revalorisation de la ressource en bois. Pour se faire, la loi consacre le fonds stratégique de la forêt et du bois qui prendra toute son importance pour financer les projets d’investissement, de recherche, de développement et d’innovation. Il accompagnera les orientations du futur programme national de la forêt et du bois, ainsi que ses déclinaisons régionales.

Cette loi, en complément des récentes dispositions fiscales en faveur de la forêt privée, du plan national d’actions pour l’avenir des industries du bois et de la création d’un volet stratégique de filière bois au sein du Conseil National de l’Industrie, traduit pleinement le volontarisme du Gouvernement et son engagement à faire de la forêt et de la filière bois un levier important du redressement économique de notre pays.

Parce que la forêt est un élément essentiel de notre cadre de vie, de nos paysages et du développement local de l’Ardèche Méridionale, il est de notre devoir de la protéger et de la valoriser.