A l’occasion du 70ème anniversaire de la Libération de l’Ardèche, les villes d’Annonay, du Cheylard, de Lavilledieu, de Privas et du Teil ainsi que le service départemental de l’Ardèche de l’ONAC se sont associés pour commémorer les événements qui ont plus particulièrement marqué ces communes en 1944.
La stèle devant laquelle nous nous sommes retrouvés, implantée il y a 20 ans, à la demande d’organisations d’anciens résistants évoque les ultimes barrages derrière lesquels les formations armées de la Résistance livrèrent combat pour barrer les routes d’Aubenas et de Privas aux colonnes de la Wehrmacht.
Une plaque rappelle à notre souvenir le nom de 9 habitants du village ainsi qu’un soldat de la Résistance inconnu, assassinés le 25 août 1944 lors d’une sauvage opération répressive contre la population locale. Une autre mentionne le nom de 5 jeunes combattants des FFI morts au combat le 29 août.
Il s’agit donc d’évoquer les derniers combats de la Libération du département.
Une libération tant attendue par la population pour rendre au Peuple la liberté qui est la sienne.
Celle inscrite dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen notamment dans l’article 1 : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité » Ou bien encore dans l’article 3 « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. »
Cette liberté appelée de ses vœux par Paul Eluard lorsqu’il écrivait : « Sur les images dorées, Sur les armes des guerriers, Sur la couronne des rois, J’écris ton nom. (…) Et par le pouvoir d’un mot, Je recommence ma vie, Je suis né pour te connaître, Pour te nommer, Liberté »
Alors rappelons-nous. Mais surtout n’oublions pas.
Rappelons-nous du combat mené par les combattants. De l’intérieur bien sûr mais aussi celles du Général de Gaulle. Rappelons-nous des préjudices subis.
Mais n’oublions pas.
N’oublions pas que le passé peut devenir actualité.
Il est temps.
Il est temps que la République fasse à nouveau entendre sa voix avec force. Nous sommes une majorité dans ce pays à ne plus vouloir mettre notre drapeau de républicains dans notre poche et à ne plus vouloir assister à la propagation de l’intolérance, de la xénophobie, de la haine. Nous sommes une majorité à vouloir que la France reste la France qu’on aime et pas celle de la haine. Pour beaucoup d’entre nous c’est un combat qui vient de loin, et bien ce combat est plus que jamais d’actualité.
La reconquête républicaine est notre devoir. La République ce n’est pas une abstraction, ce n’est pas seulement une belle idée, ce sont des réalités concrètes. Il y a aujourd’hui des maux qui rongent la société française et qui gangrènent le pacte républicain. Ces maux sont nombreux : le chômage, la précarité, l’inégalité territoriale et c’est l’objet de la politique d’y répondre.
Mais il y en a d’autres aussi : l’intégrisme, le racisme, le communautarisme, la xénophobie que nous devons tout autant combattre.
La République, non pas celle des discours officiels mais la République vécue, les principes et les valeurs d’une société solidaire et ouverte, est la condition de la survie de la France.
N’oublions pas non plus que si la France n’a pas connue de guerre sur son sol depuis 2 générations elle le doit à la construction européenne et à l’idée que c’est en rapprochant les peuples que l’on construit une paix durable. L’Europe n’est pas « très à la mode » de nos jours. Pourtant depuis plus d’un demi siècle elle a su nous apporter la paix et la liberté qui nous sont si précieuses. Puissent ces manifestations culturelles qui accompagnent les commémorations officielles nous rappeler notre devoir de mémoire.